Les astéroïdes - Quel est leur impact?
Que ce soit dans nos livres d'histoire ou dans les empreintes géologiques de la Terre, on constate que notre planète a été la cible d'intenses bombardements d'astéroïdes depuis le début des temps.
L'un des plus récents et plus connus cratères est le cratère météorique Barringer, en Arizona. Il se trouve à proximité de la route 40, près de la frontière du Nouveau-Mexique.
Bien que la plupart des météorites se brisent lorsqu'ils entrent en contact avec l'atmosphère terrestre, des astéroïdes faisant 4 mètres de diamètre et possédant une puissance explosive d'environ 16 kilotonnes de TNT frappent la Terre à raison d'environ un par année.
Les plus gros impacts, tels que celui du météorite de 150 m et d'une puissance de 844 000 kilotonnes qui a frappé le nord de l'Arizona il y a 50 000 ans (photo à gauche) ou celui de l'astéroïde de 10 km de diamètre qui a heurté le Yucatán il y a 65 millions d'années, ont occasionné une dévastation telle que la vie elle-même s'est éteinte.
La Terre a connu suffisamment de collisions et de quasi-collisions pour justifier une surveillance constante de projectiles potentiellement menaçants.

Vers la fin du XVIIIe siècle, après la découverte d'Uranus, la septième planète, par l'astronome britannique Sir William Herschel, le philosophe prusse Hegel a conclu que, puisqu'on avait atteint la perfection inhérente au chiffre sept, l'astronomie tirait à sa fin et que le compte des planètes était complet.
Toutefois, en 1801, Giuseppe Piazzi a découvert ce qu'il croyait être une huitième planète, décrivant une orbite autour du Soleil, entre Mars et Jupiter. La planète était très petite, environ 900 kilomètres de diamètre, et Piazzi l'a nommée Cérès.
Au cours des quelques années suivantes, on a découvert trois autres planètes dans des orbites semblables, situées à proximité. Après mûres réflexions, l'astronome allemand Heinrich Olbers a émis l'hypothèse que les supposées petites planètes que ses collègues et lui observaient dans le ciel nocturne étaient peut-être de gros fragments de planètes qui gravitaient autour du Soleil. Olbers en a conclu que si tel était le cas, les astronomes découvriraient davantage de ces fragments par leurs observations du ciel.
Avec le perfectionnement des télescopes, l'hypothèse d'Oblers s'est révélée vraie, et vers l'an 1890, on avait découvert plus de 300 astéroïdes décrivant tous une orbite autour du Soleil entre les planètes Mars et Jupiter. À chaque découverte, ces astéroïdes bien sages ont reçu un nom féminin.
En 1898 cependant, on a découvert un astéroïde qui traversait l'orbite de Mars et qui, à l'occasion, faisait une embardée à 20 millions de kilomètres de la Terre. En raison de son comportement « déviant » et pour le distinguer des astéroïdes « féminins » bien dociles qui poursuivaient leur route de façon ordonnée autour du Soleil, ce gros astéroïde a été baptisé Éros, un nom bien masculin. Avec le temps, d'autres astéroïdes « mâles » traversant les orbites planétaires ont été découverts. Certains de ces astéroïdes, au comportement imprévisible, traversaient non seulement l'orbite martienne, mais également celle de la Terre. En 1932, l'astéroïde Apollon a traversé notre orbite et est passé à 10 millions de kilomètres de nous. En 1936, l'astéroïde Adonis est passé à 2 millions de kilomètres de la Terre, et en 1989, un petit astéroïde non baptisé (de 800 mètres) a « frôlé » notre planète à 720 000 km, passant là où la Terre se trouvait moins de six heures avant!
Des 2000 présumés astéroïdes « mâles » ou proches de la Terre faisant plus d'un kilomètre de diamètre et parcourant l'espace aujourd'hui, seuls 200 sont connus des scientifiques. Plus de 5000 astéroïdes « femelles », y compris tous ceux faisant plus de 10 km de diamètre, des centaines plus gros que 100 km et même un faisant 900 km de diamètre, sont connus et réputés orbiter dans la ceinture principale entre Mars et Jupiter.
Les astéroïdes « femelles » sont beaucoup plus éloignés et difficiles à percevoir que leurs contreparties masculines croisant la Terre. On estime toutefois qu'il existe bien plus que 2 millions d'astéroïdes femelles mesurant plus d'un kilomètre de diamètre dans la ceinture principale.
Les risques de collision avec un astéroïde sont énormes. L'extinction massive d'animaux sur la Terre, il y a 65 millions d'années, est le résultat de la collision entre un astéroïde et notre planète. L'impact a creusé un cratère de 180 km de diamètre (le cratère de Chicxulub), dans la péninsule du Yucatán, au Mexique.

Cratère du Manicouagan
Imaginez un peu le souffle accompagnant l'impact d'un astéroïde creusant un cratère d'un diamètre d'environ 100 km!
Le choc se serait fait ressentir sur une distance de plusieurs milliers de kilomètres et aurait créé une onde de pression assez forte pour faire quelques fois le tour de la planète.
Le cratère du Manicouagan a un peu plus de 200 millions d'années. Il est situé au Québec, environ 200 km au sud de Labrador City.
Un tel impact pourrait-il se produire de nos jours? Par chance, les gros impacts sont extrêmement rares, quoique possibles. C'est pourquoi les astronomes ont créé un programme de détection des astéroïdes suivant une trajectoire orbitale pouvant les mener à entrer en collision avec la Terre.
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