La première journée a commencé par un exposé scientifique et la rencontre de tout le personnel à 8 h 30. L’accent a été mis sur la sécurité.
Les océanautes participants sont :
Je participe à la mission Aquarius pour apporter un soutien médical à notre océanaute canadien, ou aux autres océanautes si nécessaire, et aussi pour mieux connaître la station Aquarius et les avantages qu’elle a à offrir comme outil de formation pour l’ASC. Un médecin de la marine américaine apporte également son soutien médical. Le médecin de l’air de la NASA n’a pas pu participer pour des raisons que j’ignore encore.
Après cette rencontre, ce fut le test de natation (400 mètres + 10 minutes de nage debout) suivi de la respiration (de sauvetage – artificielle). Heureusement, je n’étais pas obligé de faire ce test. Ensuite avait lieu une petite formation sur l’équipement. Tous les océanautes sont des plongeurs expérimentés, mais l’équipement ici est différent car c'est un système à deux bonbonnes d’air qui est utilisé. Comme je ne suis pas un océanaute, j’utiliserai un système à une bonbonne; néanmoins, je dois suivre cette formation avec Otto, capitaine du bateau et instructeur de plongée (je suis un plongeur expérimenté, mais je n’ai pas plongé depuis 1991).
Nous sommes maintenant prêts pour le trajet de près de 13 kilomètres jusqu’à la station (l’habitat d’Aquarius). Les océanautes et moi nous rendons au site sur des bateaux différents (celui des océanautes était plein). Je me suis rendu à la station à bord d’une embarcation appelée Wild Card; c’est le bateau qui amène généralement les autres instructeurs, les observateurs et les invités importants jusqu’au site.
Les océanautes se sont mouillés les premiers. Otto et moi les avons suivis de près. Pendant que les océanautes recevaient leur formation, j’étais occupé à mon propre entraînement avec Otto qui comprenait la perte du masque, la perte du détendeur et la respiration en coéquipier. Après ce test, Otto et moi nous sommes rendus à la station pour une ronde d’orientation. La première chose que j’ai vue est un énorme mérou de six pieds de long qui se baladait juste en dessous d’Aquarius (en plus d’un grand nombre de barracudas). Otto m’a montré les différentes parties d’Aquarius et l’équipement à l’extérieur. Nous sommes ensuite entrés à l’intérieur du sas d’Aquarius, où nous avons pu retirer notre masque et notre détendeur. Le taux d’humidité y était très élevé et une forte odeur de moisi y régnait. Nos voix étaient très différentes à cause de la plus grande pression ambiante (près de trois atmosphères ou trois fois la pression à la surface). Nous avons ensuite visité le gazebo, une petite pièce en forme de dôme juste à côté de la station, servant de station de remplissage des bonbonnes d’oxygène et de refuge en cas d’évacuation d’urgence de la station (advenant un incendie, par exemple). Les océanautes peuvent communiquer avec le personnel de surface à partir du gazebo également.
Nous avons ensuite rejoint les océanautes pour remonter à la surface après avoir passé un bon 48 minutes sous l’eau. Même si ce n’était pas une plongée requérant une décompression, nous avons tout de même attendu trois minutes à 4,5 mètres de profondeur pour plus de précaution. C’était maintenant l’heure de rentrer au centre de recherche. Nous avons pris une douche pour nous dessaler la peau et nous avons ensuite assisté à un cours de 1 heure 45 minutes sur le masque KMS-48 et le micro OTS Buddy Phone que nous utiliserons demain. Nous sommes ensuite allés faire les emplettes pour notre pique-nique de demain sur le bateau (nous étions tous d’accord pour manger des sandwichs au beurre d’arachide et à la confiture!).
Dans l’ensemble, la première journée fut très bonne. J’ai été très impressionné par l’accent qu’on a mis sur la sécurité et par les similarités avec le programme spatial. Je suis vraiment enthousiaste à l’idée qu’Aquarius offre un environnement semblable à l’espace et puisse devenir un outil de formation pour nos astronautes.
7 h 30 : Je suis dans les quartiers des océanautes et je prépare le pique-nique, puisque nous passerons une grande partie de la journée à bord du bateau. Au menu : sandwichs au beurre d’arachide et à la confiture.
8 h 30 : Cours de deux heures sur la sécurité. Nous avons parlé de plusieurs sujets, dont :
Deux heures plus tard, nous sommes prêts à nous rendre au site d’entraînement. Nous devons donc rassembler l’équipement, le vérifier et l’embarquer sur le bateau. Après 40 minutes de navigation, nous arrivons à un récif situé à 1,6 kilomètre de la bouée d’équipement de vie qui est juste au-dessus de la station. Nous enfilons notre équipement, prêts à plonger.
Cette première plongée consiste à nous exercer avec le masque KMS-48 et le micro OTS Buddy Phone. Nous avons expérimenté différents scénarios d’urgence qui simulaient une fuite dans le boyau d’oxygène, la défaillance du détendeur, la panne d’air et la respiration par coéquipier, l’inondation puis l’évacuation de l’eau dans le masque. J’ai fait la plupart de ces tests sauf la respiration par coéquipier et la fuite dans le boyau d’oxygène. J’ai ensuite observé l’entraînement des océanautes. Nous sommes ensuite remontés pour changer de bonbonne pendant que les océanautes s’exerçaient à la respiration (de sauvetage – artificielle) à la surface. Les océanautes n’ont pas eu besoin de changer de bonbonne, car ils plongent avec deux bonbonnes dans le dos. Nous sommes replongés à six mètres pour continuer les mêmes exercices. La houle était de plus en plus forte et lorsque nous étions à genoux, au fond, nous restions difficilement en place. Comme dans le programme spatial, tout est répété encore et encore. La sécurité passe avant tout et la connaissance parfaite de l’équipement et la maîtrise des procédures est la seule façon d’assurer la sécurité. Tout comme dans l’espace, l’environnement sous-marin ne pardonne pas les erreurs. C’est vraiment un environnement hostile, et probablement le plus similaire à celui de l’espace.
En revenant vers le centre de recherche, nous avons mangé sur le bateau et les océanautes durent faire un examen écrit. Ce fut la fin d’une excellente journée de formation.
La journée a débuté par un cours visant à familiariser les océanautes avec l’utilisation du dévidoir de lignes (filins) ainsi qu’avec les protocoles à suivre en cas de problèmes inattendus, comme la perte d’une ligne d’excursion ou la disparition d’un camarade de plongée. Il y a deux types de lignes reliées à l’habitat Aquarius : les lignes de démarcation et les lignes d’excursion. Les lignes de démarcation délimitent le périmètre du refuge, alors que les lignes d’excursion relient de façon permanente l’habitat à des endroits précis au fond de la mer. Chaque fois que les océanautes quittent l’habitat, ils suivent les lignes d’excursion. Lorsque leur travail les en éloigne, les océanautes doivent s’y arrimer afin de pouvoir retrouver leur chemin. Il est extrêmement facile de s’égarer sous l’eau, et les océanautes n’ont absolument pas la possibilité de retourner à la surface pour se réorienter puisqu’ils font de la plongée à saturation. Si les océanautes devaient remonter à la surface sans une décompression préalable, ils seraient victimes de la maladie des caissons.
Après s’être exercés aux protocoles d’utilisation du dévidoir de lignes, les océanautes étaient prêts à monter à bord de Delta 1 pour se rendre au site de plongée. Une fois sur place, ils répéteront les protocoles appris. Comme dans l’espace, il est beaucoup plus difficile d’effectuer des tâches sous l’eau que sur la terre ferme. Les océanautes effectueront deux plongées : la première plongée leur servira à s’exercer aux protocoles d’utilisation du dévidoir de lignes et la seconde leur permettra de répéter le protocole à suivre en cas de perte de la ligne d’excursion. Pour compliquer les choses, les océanautes devront retirer leur masque tout en appliquant le protocole à suivre en cas de perte de la ligne d’excursion. L’eau salée dans les yeux des océanautes aura pour résultat de réduire considérablement la visibilité de ceux-ci. À ma grande déception, je n’ai pas plongé avec eux aujourd’hui parce que le bateau de promenade est resté au centre de recherche. La mer était très agitée et les vagues pouvaient atteindre de 1 à 1,5 mètre de hauteur et parfois 1,8 mètre. Aucun océanaute n’a heureusement été victime du mal de mer.
Au retour de leur plongée, les océanautes ont eu un cours sur les protocoles relatifs à la plongés de nuit et à l’éclairage et ils ont passé en revue une partie du matériel supplémentaire qu’ils apporteront avec eux.
Après un souper rapide, les océanautes ont reçu un cours sur la photographie sous-marine. Pendant leur séjour à Aquarius, les océanautes effectueront des études scientifiques et, dans certains cas, ils devront utiliser une caméra vidéo sous-marine.
Les prévisions météorologiques sont mauvaises pour demain, et il n’y aura probablement pas de plongée.
Comme prévu, le temps n’est pas idéal aujourd’hui et il n’y aura pas de plongée. Samedi devait être une journée de congé avant la plongée à saturation, mais un peu de plongée est maintenant prévu au programme.
La journée a débuté par des cours portant sur l’habitat. « Otter » a traité des sujets suivants :
Après cette séance d’information, Tim a passé en revue l’utilisation du récepteur radio VHF, les fréquences à employer et le protocole de communication radio. L’appareil servira uniquement dans les situations d’urgence si, en désespoir de cause, un océanaute était dans l’obligation de remonter à la surface.
Les océanautes devaient ensuite être examinés par le médecin de la marine américaine. Le médecin a surtout effectué un examen neurologique, car il importe de connaître l’état neurologique de base de chaque océanaute au cas où il serait victime de la maladie des caissons de type II.
La plupart d’entre nous avons pu nous rattraper pour ce qui est des courriels. Dave et moi avons participé à des conversations téléphoniques portant sur la mission d’entraînement.
Les océanautes doivent préparer les effets personnels qu’ils désirent apporter avec eux dans l’habitat pour que ceux-ci soient descendus demain dans des contenants scellés.
Nous devons partir tôt demain matin. Espérons que le temps s’améliorera.
Mauvais début de journée : des orages menaçaient la région. Mais heureusement, le temps devait s’améliorer plus tard dans la matinée. Je suis parti à destination de l’habitat à 10 h à bord du RV Sabina, aussi appelé le Workboat.
Pendant que l’équipage du RV Sabina s’affairait à descendre par nacelle de la nourriture et les effets personnels des océanautes vers l’habitat, ces derniers plongeaient du RV Delta 1 afin de revoir les procédures de remplissage des bouteilles d’air aux stations intermédiaires et de s’orienter le long des différentes lignes d’excursion.
J’ai accompagné Otter et Ryan jusqu’à Aquarius où j’ai reçu toute l’information nécessaire au sujet de l’habitat. J’ai réussi à capter sur vidéo des images impressionnantes de l’installation. Otter et Ryan étaient à revoir la liste de contrôle en vue de préparer Aquarius à l’arrivée des océanautes, deux jours plus tard. Otter et Ryan sont les représentants du National Undersea Research Center (NURC) qui demeureront avec les océanautes dans l’habitat pendant toute la durée de la mission. Après une heure, je suis remonté à la surface, très impressionné par l’habitat. J’ai trouvé l’installation assez confortable, malgré une température ambiante de 27,3 oC (81,1 oF ) et 100 % d’humidité.
Les quartiers d’habitation (sas principal et sas-dortoir) sont à peu près de la même dimension que le module de service de la Station spatiale internationale (ISS). L’appareil de climatisation émettait un bourdonnement constant et on entendait également un bruit rythmé et régulier semblable à des éructations (bruit de bulles). Un grand hublot à côté de la table de cuisine permet d’observer la vie marine à l’extérieur (j’ai vu un barracuda, un sergent-major ainsi que des plongeurs).
Au cours de la mission, on enlèvera l’élément qui recouvre un autre grand hublot près des couchettes. L’effet de la pression accrue sur les boîtes de conserve (boîtes d’arachides) était particulièrement intéressant à observer. Les boîtes ont été complètement écrasées sous la pression. Je pense que les océanautes trouveront l’habitat assez confortable, malgré sa taille relativement restreinte.
Une fois revenus au centre de recherche, nous avons assisté à un exposé de Steve Miller, le directeur du centre, sur les deux projets scientifiques confiés aux océanautes.
Projet 1 – Analyse de la taille et de l’état des coraux : mesures pour évaluer la taille et l’état des coraux.
Projet 2 – Mesure de la qualité de l’eau : collecte de données sur les variations chimiques de l’eau sur une base quotidienne et échantillonnage sélectif de l’eau en conditions de remontée d’eau, le cas échéant. Les remontées d’eau sont attribuables aux ondes internes provenant de zones plus profondes du côté du rivage et qui viennent balayer les récifs. Les eaux de remontée ont une plus forte concentration de nitrate et de phosphate et sont généralement beaucoup plus froides que l’eau environnante.
Ces deux projets fourniront des données significatives qui permettront d’approfondir nos connaissances de la biologie des coraux et de la qualité de l’eau au site Conch Reef Aquarius.
Après une rencontre d’une heure au cours de laquelle les océanautes ont discuté du calendrier des activités de demain, nous sommes tous montés à bord du RV Sabina pour une courte séance de plongée vers l’habitat. C’est à l’occasion du cours d’orientation que les océanautes ont pénétré dans Aquarius pour la première fois. Demain, ils s’y installeront pour la mission d’une durée d'une semaine. La médecin de la United Space Alliance (USN) et moi sommes restés à la surface pour aider les plongeurs à endosser leur équipement.
Les plongeurs ont signalé que l’eau était froide et la visibilité réduite.
La NASA a envoyé de la « nourriture spatiale ». En fait, les océanautes consomment les mêmes aliments que les astronautes et les cosmonautes à bord de l’ISS. Demain, ces aliments seront envoyés à l’habitat par nacelle.
Les océanautes sont prêts à accomplir leur mission et ils sont très enthousiastes. Après tous les cours et la plongée d’entraînement, ils sont tout à fait prêts.
Jour 0 – 21 octobre 2001 – Jour 0 de la mission
Aujourd’hui, c’est le grand jour! Le RV Delta 1 est parti à 9 h 15 à destination de l’habitat Aquarius avec les océanautes à son bord. Je les ai accompagnés pour capter sur pellicule la première utilisation d’Aquarius par des astronautes. Le vent s’est levé et la mer était agitée. Les vagues atteignaient de 1,2 à 1,8 mètre et des averses de pluie déferlaient sur la région. Les océanautes sont descendus du navire sans problème malgré l’agitation de la mer. Rendus à Aquarius, le premier arrêt, les océanautes changeront leurs masques ordinaires pour des masques faciaux complets descendus la veille par nacelle. Le boîtier de batterie est resté ouvert aux fins d’équilibrage et pour ainsi permettre les changements de batteries en profondeur. Deux sorties extravéhiculaires (EVA) sont prévues au cours de la journée. Il s’agit surtout de sorties de familiarisation le long des lignes d’excursion. On prélèvera également des échantillons d’eau. Comme les océanautes effectueront une plongée à saturation, ils devront respecter un plafond de 12 mètres (ils doivent absolument demeurer sous la barre des 12 mètres).
Peu après que les océanautes eurent quitté le navire, j’ai commencé à ressentir les symptômes du mal de mer : transpiration abondante, maux de tête et faible nausée. Je n’étais pas censé plonger; je devais plutôt retourner au centre de recherche à bord du RV Manta, l’un des navires rapides. La mer était tellement démontée que le Manta n’a pas pu s’approcher suffisamment du Delta 1 pour que nous puissions sauter d’un navire à l’autre. J’ai donc dû faire la distance à la nage. En route vers le centre de recherche, le mal de mer s’est lentement estompé et rendu sur le rivage, j’étais complètement rétabli.
Le RV Sabina est parti pour l’habitat à 13 h et, cette fois, j’étais du voyage avec mon équipement de plongée. Lorsque nous sommes arrivés à l’habitat, les vagues atteignaient 1,5 à 1,8 mètre, et souvent deux mètres. Sous l’eau, les choses se sont déroulées normalement, mais les courants étaient passablement forts et la visibilité pour le moins réduite. Je suis resté peu de temps (seulement 23 minutes) à 16 mètres au fond de la mer. Je n’ai pas pu apercevoir les océanautes par le hublot de l’habitat, car ils étaient en EVA. De retour sur le navire, je n’ai pas ressenti les symptômes du mal de mer, ce qui m’a d’ailleurs beaucoup surpris.
Durant la séance de suivi de 19 h, les océanautes ont indiqué qu’ils allaient tous bien. À l’aide de la caméra à bord d’Aquarius, on pouvait les voir en train de souper.
Le temps devrait s’améliorer au cours de la semaine.
Jour 1 – 22 octobre 2001 – Jour 1 de la mission
Le début de la journée est marqué par de fortes tempêtes, mais le temps s’améliore et le RV Sabina part rejoindre l’habitat vers 11 h. L’équipage du National Undersea Research Center (NURC) a dû descendre certaines pièces d’équipement et de l'approvisionnement par nacelle vers Aquarius. J’en ai alors profité pour envoyer la caméra vidéo à Dave. J’espère avoir de bonnes images des membres à bord d’Aquarius.
J’ai eu la chance de plonger et d’observer, depuis l’extérieur d’Aquarius, les océanautes en train de déjeuner. Lorsque j’ai plongé, la visibilité était bonne, mais plus tard dans la journée, les océanautes ont indiqué qu’elle s’était détériorée. Par rapport à la semaine dernière, il y avait beaucoup plus de poissons autour d’Aquarius... ils sont peut-être aussi curieux de voir ce que nous faisons là. J’ai pu observer une tortue marine relativement grosse qui nageait au fond de la mer à proximité d’Aquarius. Le gros bar noir continuait de se promener sous le laboratoire. Le médecin de la marine américaine était avec nous et il a pris quelques bonnes photos de moi lors de la plongée.
Pendant la réunion d’information de ce soir, les océanautes ont passé en revue les activités de la journée et l’emploi du temps prévu pour demain. Plus tôt dans la journée, j’avais envoyé un courriel aux océanautes et ils ont répondu qu’ils allaient tous bien. Ce soir, on sentait bien que les membres d’équipage étaient satisfaits de leur journée de travail. Ils étaient de bonne humeur même s’il leur restait beaucoup à faire avant d’aller dormir.
Aujourd’hui, les océanautes ont effectué quelques travaux scientifiques; ils ont prélevé des échantillons d’eau et photographié les coraux, tel que l’exige leur programme scientifique. Ils ont également entrepris les travaux sur les objectifs d’essai détaillé du téléphone sous-marin Buddy en mesurant la portée et la clarté de transmission du système.
La première EVA (EVA 1) à laquelle doivent participer Mike Gernhardt et Mike Lopez-Alegria est prévue pour 8 h 30. La sortie devrait s’effectuer à une profondeur maximale de 33,5 mètres et durer au plus 120 minutes. Ils repositionneront l’appareil photo sous-marin qui sera utilisé pour les activités de diffusion externe et le prélèvement d’échantillons d’eau. Au cours de l’EVA 1, Dave et Bill resteront à l’intérieur de l’habitat et se prépareront à l’activité de diffusion éducative prévue pour 10 h.
Bill et Dave effectueront l’EVA 2 à 13 h. Ils mèneront leurs travaux à une profondeur maximale de 29 mètres pendant une période maximale de 120 minutes. Mike Gernhardt et Mike Lopez-Alegria resteront à leur tour dans l’habitat pour l’activité de diffusion, également prévue pour 13 h.
Jour 6 – 26 octobre 2001 – Jour 6 de la mission
Après la réunion hebdomadaire d’information sur la médecine spatiale en milieu opérationnel, Michel et moi avons rencontré Steven Miller pour discuter du programme Aquarius et de certaines applications éventuelles définies par l’ASC. Après la rencontre, nous nous sommes rendus à l’habitat à bord du RV Sabina. Michel a pu voir comment l’équipe de travail utilisait la nacelle pour ramener à la surface le matériel dont on n’avait plus besoin à bord d’Aquarius et qu’il fallait remonter avant les opérations de décompression qui allaient bientôt commencer.
Le temps était vraiment mauvais, avec de forts vents et des orages. Le moment était venu pour Rod (médecin de la marine américaine) et moi de plonger à destination de l’habitat en vue d’examiner les océanautes avant le début des opérations de décompression. Ils se sentaient tous bien et avaient hâte de remonter à la surface le lendemain matin. (Ils ont beaucoup apprécié le gâteau que nous leur avions envoyé la veille.)
Après 40 minutes passées auprès des océanautes, qui se sont empressés de nous raconter leur expérience, il était temps pour nous de rentrer. Le temps s’était beaucoup amélioré et la mer était relativement calme. Le voyage de retour a effectivement été très agréable. Michel et moi avons aidé à décharger le Sabina, puis nous sommes allés lire nos courriels. Les océanautes devraient être de retour sur la côte vers 9 h demain. Ils devront rester dans le voisinage immédiat du NURC pendant 24 heures et attendre jusqu’à lundi matin (c.-à-d. 48 heures après être remontés à la surface) avant de pouvoir prendre l’avion pour rentrer chez eux.
Jour 7 – 27 octobre 2001 – Jour 7 de la mission
Ça y est! Les opérations de décompression se sont déroulées sans aucun problème. Les RV Sabina et WildCard sont arrivés sur place. À 8 h 25, deux plongeurs ont sauté à l’eau à destination de l’habitat. Ils ont pour mission de raccompagner les océanautes jusqu’à la surface. Une fois la décompression achevée et juste avant que les océanautes ne quittent l’habitat, la pression à l’intérieur d’Aquarius a été ramenée à la pression qui règne au fond de l’océan. Les océanautes ne porteront que des masques, des palmes et des bouteilles d’évacuation équipées d’un régulateur. La remontée à la surface devrait durer 2,5 minutes, et dès que les océanautes et l’équipage de l’habitat auront monté à bord du WildCard, ils regagneront la côte.
Ils sont arrivés au centre de recherche à 9 h 30 où je les attendais avec Steven Miller, Michel Vachon et Monica. Mark Reagan a dû nous quitter hier pour être avec sa famille. Le temps était très venteux; il faisait plus froid et l’air était beaucoup moins humide qu’au cours des deux semaines précédentes. On voyait que les océanautes avaient froid, mais cela ne les a pas empêché de commencer à nous parler de leur expérience dès leur arrivée aux quais. On leur avait préparé du bon café chaud et ils ont tous pris une tasse sans se faire prier. Nous avons tous pris place au comptoir de la cuisine du condo et parlé de l’expérience, des enseignements qu’on pouvait en tirer et de l’utilisation envisageable d’Aquarius à des fins de formation et de développement d’un esprit de corps. Tout le monde s’est dit enchanté du déroulement de cette expédition et s’est entendu pour dire que la mission était une réussite totale. « Ce que nous avons appris au cours de cette mission contribuera grandement à améliorer les prochaines expéditions Aquarius. »
Les océanautes sont confinés au condo pour une période de 12 heures. Ils peuvent sortir seulement s’ils sont accompagnés par un membre du NURC ou par moi-même. Ils ont pris une longue douche chaude et nous sommes tous allés déjeuner chez Mrs. Mac's. J’ai ensuite quitté le condo pour m’installer à la Marina del Mar et ainsi laisser plus de place aux océanautes (ce dont ils avaient bien besoin après une semaine passée dans un milieu très confiné).
Une rencontre amicale est prévue pour la soirée avec les membres du NURC. Des diplômes seront remis aux participants et on se dira au revoir. Ce sera la dernière fois que je verrai les océanautes puisque je quitte Key Largo à 8 h 30 demain. Cette aventure a été extraordinaire et j’espère sincèrement que l’expérience pourra être vécue par de nombreux autres individus. J'aurai peut-être la chance un jour d’agir en tant qu’océanaute pour un séjour d’une semaine sous la mer.
La vie dans des conditions extrêmes (l’espace, Aquarius, les stations polaires) amène des changements profonds chez l’être humain. On apprend vraiment de quelle étoffe on est fait et comment on interagit avec les autres et l’environnement. Dans un autre ordre d’idées, ceux qui ont eu la chance de vivre dans l’espace ou sous les océans pour observer la Terre, notre mère, sont tous sans contredit émerveillés par la beauté, mais aussi par la fragilité de notre planète. Jusqu’à présent, j’ai acquis mon expérience de l’espace et du monde sous-marin par l’intermédiaire d’astronautes et d’océanautes dévoués, et j’espère vivement que ce journal a réussi à témoigner fidèlement du caractère absolument passionnant de l’expédition Aquarius.
L’être humain a toujours ressenti le besoin d’explorer. Il est aujourd’hui sur le point de passer à la prochaine grande étape de son évolution, c’est-à-dire pousser l’exploration au-delà des missions en orbite basse. J’ai la profonde conviction qu’Aquarius contribuera à cette évolution.