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VASCULAR : Les secrets d'une bonne santé dans l'espace... et sur Terre

Les travaux de recherche en santé cardiovasculaire menés dans l'espace pourraient venir en aide aux gens atteints de maladies du cœur sur Terre.

Photo de la Station spatiale internationale prise lors de la mission STS-130
Les astronautes qui reviennent de la Station spatiale internationale ont des vaisseaux sanguins plus rigides qu'avant leur départ. Il s'agit d'un changement qui s'apparente au vieillissement sur Terre. Est-ce que les vaisseaux sanguins vieillissent plus vite dans l'espace? (Photo : NASA)

Dans les années 1960, à l'aube de l'ère spatiale, les missions habitées dans l'espace ne duraient que quelques heures. Aujourd'hui, il arrive couramment que des voyageurs de l'espace séjournent plusieurs mois à bord de la Station spatiale internationale (ISS). En 2009, l'astronaute de l'Agence spatiale canadienne Robert Thirsk a passé 186 jours à bord du laboratoire orbital, ce qui constitue un record pour un astronaute canadien.

Cependant, des décennies de recherches sur l'adaptation du corps humain à l'espace ont démontré que le vol spatial a des conséquences sur la santé des astronautes. Leurs os perdent du calcium, leurs muscles s'atrophient et ils ont (du moins temporairement) de la difficulté à distinguer le haut du bas. Il ressort d'autres études que le processus de vieillissement est accéléré pendant de longs séjours dans l'espace. Une étude récente a permis de constater que les vaisseaux sanguins des astronautes sont plus rigides lorsqu'ils reviennent de l'ISS, un changement semblable aux effets du vieillissement normal sur Terre. Ainsi donc, les vaisseaux sanguins vieillissent-ils plus vite dans l'espace?

Une nouvelle étude canadienne appelée VASCULAR vise à étudier les effets de la microgravité sur l'appareil cardiovasculaire des astronautes qui séjournent à bord de la Station spatiale internationale. Le Dr Richard Hughson, de l'Université de Waterloo, dirige l'équipe scientifique de l'étude VASCULAR, qui est financée par l'Agence spatiale canadienne et appuyée par la NASA.

Des progrès récents en médecine ont permis de lier certaines hormones et protéines sanguines au stress et aux maladies cardiovasculaires. Les médecins utilisent ces indicateurs comme premiers indices de la santé cardiovasculaire. On fera subir aux astronautes des analyses sanguines avant, pendant et après leurs vols dans l'espace pour déceler ces protéines et ces hormones, et plus particulièrement tout changement qu'elles pourraient subir au retour des astronautes sur Terre. De plus, on leur fera passer des examens aux ultrasons pour mesurer l'élasticité de leurs artères et de leurs veines avant et après leur vol.

Le Dr Hughson croit que l'espace peut être utilisé pour tester des solutions potentielles permettant de combattre cette maladie invalidante, non seulement pour les voyageurs de l'espace, mais aussi pour tous les Canadiens. "Nous espérons que ces astronautes nous permettront non seulement de mieux comprendre les mécanismes qui provoquent des changements dans leurs corps, mais aussi de nous concentrer davantage sur ce que nous pouvons faire pour empêcher un vieillissement cardiovasculaire semblable dans l'ensemble de la population ici sur Terre", a déclaré le Dr Hughson. Selon la Fondation des maladies du cœur du Canada, on compte environ 70 000 crises cardiaques par année au Canada. L'étude VASCULAR pourrait donner de nouvelles informations sur les facteurs en cause dans le développement de maladies cardiovasculaires.

Les résultats de l'étude VASCULAR pourraient aussi se révéler importants pour l'avenir des vols spatiaux de longue durée, comme un voyage aller-retour de trois ans entre la Terre et Mars. En apprenant à mieux connaître l'effet des vols spatiaux sur la santé cardiovasculaire, on pourra de sérieux problèmes sur Mars et veiller à la santé des astronautes après leur mission et lorsqu'ils seront plus âgés.